« Le nom de ma mère » est un roman de Pascal Boroto publié chez J.-C. Lattès, qui explore, à travers le portrait de sa mère Solange Lusiku, la trajectoire d'un jeune homme confronté au manque et à la réalité de la République démocratique du Congo. Cet entretien, réalisé dans le cadre de l'émission Littérature sans frontières, permet de découvrir un auteur de 25 ans dont le travail puise sa force dans une tension constante entre la vie et la disparition, la présence et l'absence. Pascal Boroto y décrit son écriture comme un pont jeté entre son histoire personnelle et celle de sa terre natale. Économiste et journaliste, l'auteur puise dans son expérience de terrain, notamment auprès du Fonarev dans les camps de déplacés, pour fonder le collectif Les Voix des Oubliés. Le récit de son roman prend racine dans la figure marquante de sa mère, Solange Lusiku, fondatrice d'un journal indépendant à Bukavu. Le décès de cette figure maternelle, alors que l'auteur était encore lycéen, agit comme le moteur d'une quête de sens. Le livre retrace son cheminement personnel, marqué par le désir de devenir journaliste, jusqu'à son départ pour Goma, ville emblématique des cicatrices de la guerre, où sa vie et sa perception du monde basculent. L'échange souligne l'engagement de Pascal Boroto, lauréat du prix Voix d'Afriques, qui cherche à faire entendre les histoires qu'on lui a confiées. À travers son personnage, il interroge ce qu'il signifie de construire son identité dans un pays marqué par la douleur et la résilience, tout en portant l'héritage d'une femme qui fut une figure respectée et menacée. Cette rencontre offre un éclairage sensible sur la manière dont l'écriture permet de transformer le traumatisme en un acte de parole nécessaire.