L'émission « Le monde écrit par elles » de Littérature sans frontières explore le festival Littératures itinérantes, une manifestation qui a réuni à Rabat trente écrivaines autour de la place des femmes dans la création littéraire contemporaine. Le reportage donne la parole à des figures majeures de la francophonie comme Nadia Essalmi, initiatrice de l'événement, aux côtés des autrices Gaëlle Belem, Camille Laurens, Osvald Lewat et Fawzia Zouari.
Le fil rouge de ces échanges interroge la cartographie de l'écriture féminine. Gaëlle Belem, dont le roman « Le fruit le plus rare » se situe sur l'île de La Réunion, témoigne de la manière dont son travail littéraire aborde les traces de l'esclavage et du colonialisme. Cette thématique de la transmission et des racines est également centrale chez Camille Laurens, membre de l'académie Goncourt, dont l'œuvre, incluant le roman « Fille » (2020) et l'essai « La Petite danseuse de quatorze ans » (2017), dissèque les mécanismes de l'identité et les liens familiaux. De son côté, Osvald Lewat enrichit cette perspective avec son roman « Les aquatiques » (2021) et son ouvrage « Un corps indocile » (2026), tandis que Fawzia Zouari, présidente du Parlement des écrivaines francophones, apporte un éclairage sur le dialogue entre Orient et Occident, illustré par son « Dictionnaire amoureux de la Tunisie » paru en mars 2026 chez Plon.
Les intervenantes soulignent l'importance de ce rassemblement inédit dans le monde arabe pour faire entendre des voix issues de la Méditerranée, des Caraïbes, de l'océan Indien et de l'Afrique subsaharienne. L'émission restitue la diversité des trajectoires de ces écrivaines qui, par leurs essais, récits et romans, redessinent les contours d'une littérature sans frontières, ancrée dans des réalités sociales et historiques singulières. Ce document sonore permet de saisir la force de cette mobilisation collective autour de la Bibliothèque nationale de Rabat, confirmant la capitale marocaine comme un pôle central pour les lettres francophones d'aujourd'hui.