« Des femmes imaginaires » est un recueil de nouvelles de Jacqueline Harpman publié chez Stock en mai 2026, explorant les vies alternatives et les souvenirs fondateurs de l'auteure à travers des récits intimistes. Dans cet épisode du podcast Le Carnet et les Instants, la lecture de Samia Hammami permet d'aborder la singularité de ce texte qui interroge la place de l'imagination dans la construction de soi. Le fil rouge de cette émission met en lumière la capacité de l'écrivaine à se démultiplier dans ses personnages, comme elle l'exprime elle-même : la difficulté de concevoir des existences autres que la sienne, si ce n'est en les prêtant à ces figures de papier.

Le recueil propose des incursions dans des univers variés. On y découvre En quarantaine, un récit qui puise dans le terreau biographique de l'enfance de l'auteure à Casablanca durant la Seconde Guerre mondiale. L'ouvrage s'intéresse également à des thématiques sociales et psychologiques, notamment dans Le Placard à balais, où une romancière projette ses fantasmes sur la vie conjugale d'une jeune bourgeoise. Par ailleurs, le texte La Forêt d’Ardenne est présenté comme une œuvre charnière, précurseur thématique du roman Moi qui n’ai pas connu les hommes, en dépeignant un groupe de soldats confrontés à une menace mystérieuse au sein d'une forêt.

L'émission souligne la cohérence de cette démarche littéraire chez Jacqueline Harpman, dont les écrits oscillent souvent entre mémoire personnelle et fiction spéculative. En s'appuyant sur ces nouvelles inédites, le podcast met en relief une plume qui utilise la fiction comme un miroir, permettant à l'auteure d'explorer des trajectoires qu'elle n'a pas vécues elle-même. Les extraits lus par Samia Hammami ponctuent cette analyse, invitant l'auditeur à découvrir cette facette de l'œuvre où le réel rencontre le rêve. Il s'agit d'une immersion dans un recueil qui, par sa diversité, offre une porte d'entrée pertinente dans l'imaginaire dense et structuré de l'autrice.