BookZam vous invite à un entretien captivant avec Stéphanie Artarit, autrice du roman noir "On ne mange pas les cannibales", un ouvrage qui a marqué l'actualité littéraire française et s'est distingué par de prestigieux honneurs, dont le prix des Quais du Polar et le prix Entre les murs. Ce succès consacre un projet mûri pendant plus de vingt ans, témoignant d'une écriture profondément ancrée et d'une vision singulière. Dans ce roman publié aux éditions Belfond, Artarit nous plonge dans une exploration des recoins sombres de la psyché humaine à travers la rencontre de Bambi Rapace et Noël Rivière. Le cadre unique d'un zoo à Baixas, dans le sud de la France, sert de métaphore à leurs parcours cabossés, traçant un parallèle saisissant entre des animaux blessés et des personnages en quête de reconstruction. Cette capacité à explorer la résilience face à la fragilité résonne avec une universalité thématique forte. Le cœur du récit interroge la confrontation entre humanité et animalité, et la porosité entre les rôles de proie et de prédateur. Sans chercher à dicter de réponses, l'autrice met en lumière ces pulsions de vengeance ou de violence qui traversent chacun. Elle pose la question du choix comme fondement de notre humanité, un questionnement qui a su toucher un public varié, notamment des lecteurs détenus sensibles à cette tension complexe entre désir immoral et raison. Bien que ce roman soit une voix distinctement française, son exploration de ces thèmes primordiaux lui confère une portée qui dépasse naturellement les frontières culturelles. Avec un style qui alterne habilement douceur et cruauté, Stéphanie Artarit construit une œuvre où les pulsions semblent souvent primer sur la morale. Le titre énigmatique, "On ne mange pas les cannibales", incarne cette difficulté à délimiter clairement le bien du mal, chacun pouvant devenir le prédateur de l'autre. Pour ceux qui apprécient cette plongée dans les ambiguïtés de l'âme humaine et les dynamiques de pouvoir, on pourra explorer des œuvres comme celles de Ryū Murakami, offrant des perspectives différentes sur la part animale en l'homme.