« Le livre des souterrains » est un roman de Phoebe Hadjimarkos Clarke qui narre, à travers le journal intime d'une artiste disparue, la quête mystérieuse d'une cité assiégée. Dans cet entretien mené par Ellen Ichters pour l'émission QWERTZ sur RTS Espace 2, l'autrice revient sur la genèse de ce récit qui entremêle deux temporalités et deux strates narratives distinctes. Le fil rouge de la conversation repose sur la porosité entre le réel et la fiction, ainsi que sur la manière dont les écrits retrouvés façonnent notre perception d'une trajectoire individuelle. Marie Marzouk, artiste entre deux âges, disparaît subitement lors d'une performance, laissant derrière elle un journal qui fait office de compte à rebours de ses derniers mois. Au sein de cet ouvrage, Phoebe Hadjimarkos Clarke insère des feuillets obscurs décrivant une cité assiégée par un ennemi invisible. Ce récit enchâssé, porté par le personnage de Hyacinthe qui a choisi de demeurer dans ces rues désolées pour veiller sur un groupe d'oies, constitue le cœur battant de l'intrigue. L'autrice interroge, par le biais de ces fragments, la permanence des lieux et la solitude face à l'inconnu. La discussion souligne la dimension labyrinthique de la structure narrative choisie pour ce livre. En confrontant le journal intime aux récits fantastiques des feuillets glissés entre les pages, Phoebe Hadjimarkos Clarke explore les marges de l'identité et les traces laissées par ceux qui s'effacent. L'entretien permet de mieux comprendre l'agencement complexe de cette fiction, où le silence et l'absence deviennent des éléments moteurs du récit, invitant le lecteur à reconstruire lui-même le sens de la disparition de Marie Marzouk. L'échange met en lumière le travail stylistique de l'autrice, particulièrement dans la création de cette langue étrange qui accompagne les descriptions de la cité assiégée et des errances de Hyacinthe, renforçant ainsi l'atmosphère singulière qui imprègne l'ensemble de l'ouvrage.