« Nana » est un roman d'Émile Zola qui retrace l'ascension sociale d'une courtisane dans le Paris du Second Empire. Neuvième volume du cycle des « Les Rougon-Macquart », ce récit s'inscrit dans une fresque naturaliste plus vaste, composée de vingt ouvrages explorant l'histoire naturelle et sociale d'une famille sur cinq générations. L'émission d'Arte souligne que l'œuvre dépasse le simple portrait d'une courtisane pour devenir une critique acide de la société de l'époque. Zola y décrit un monde marqué par l'argent, les festivités et l'hypocrisie, utilisant la figure de Nana comme un miroir des vices parisiens du XIXe siècle. Le Paris de ce temps, décrit comme le bordel de l'Europe, devient le décor principal où le personnage fleurit avant de flétrir. L'analyse met en lumière la méthode naturaliste de l'auteur, qui observe les passions dévorantes et les comportements humains avec la précision d'un médecin étudiant des symptômes. Au-delà de l'ascension de Nana, c'est l'ensemble du système social du Second Empire qui est crucifié par la plume de Zola. Ce roman illustre parfaitement la volonté de l'écrivain de ne pas simplement peindre la société, mais de plonger dans les transformations d'une époque en pleine ébullition, saisissant les tensions entre les milieux divers, de l'ouvrier au banquier. La lecture proposée par Arte permet de mieux saisir comment Zola déshabille Paris pour révéler ses mécanismes les plus sombres, faisant de ce récit un point central pour comprendre la série des Rougon-Macquart, publiée entre autres aux éditions Omnibus. En replaçant ce volume dans le cycle, on perçoit la cohérence de l'entreprise de Zola, qui a su immortaliser les contrastes d'un siècle en mutation.