« Les Noms de Feliza » est un roman de Juan Gabriel Vásquez publie aux editions Seuil en aout 2026, qui explore la trajectoire singulière de la sculptrice colombienne Feliza Bursztyn à travers le prisme de son exil et de ses engagements artistiques. Dans cet entretien mené par Ellen Ichters pour l'émission QWERTZ sur RTS Espace 2, l'auteur revient sur la figure de cette femme hors du commun, dont la vie fut marquée par une tension constante entre la création avant-gardiste et les tourments de l'existence.
Le récit s'appuie sur une réflexion autour des derniers instants de l'artiste à Paris, un point de départ que Vásquez puise dans les mots de Gabriel García Márquez pour structurer son exploration. Feliza Bursztyn, élève de maîtres tels que Zadkine, Giacometti et César, est présentée comme une sculptrice ayant transformé le métal en un langage artistique audacieux. Au-delà de sa carrière, le livre documente les épreuves qui ont jalonné son parcours, de la perte tragique de ses enfants à la violence politique de son pays d'origine, en passant par ses liens étroits avec la vie intellectuelle cubaine.
Juan Gabriel Vásquez souligne dans le podcast comment la personnalité de Bursztyn permet d'incarner les fractures du XXe siècle. L'échange met en lumière la détermination de cette femme à affirmer sa liberté créatrice malgré les régimes conservateurs et l'exil qui a fini par la mener en France. L'ouvrage ne se contente pas d'être un portrait biographique, il se penche sur la mélancolie et la passion qui définissaient l'artiste, tout en questionnant la réalité derrière la mort de celle qui fut l'une des figures majeures de la sculpture colombienne. En se concentrant sur cette figure insoumise, le romancier met en exergue une existence où l'art devient une réponse permanente aux deuils et aux ruptures politiques, offrant ainsi une perspective intime sur une trajectoire qui, de Bogota à New York et Paris, a bravé les conventions de son époque.