« L'inconnue du quai de Javel » est un récit de Philippe Jaenada publié en août 2026 chez Flammarion, qui explore l'affaire irrésolue du meurtre de Louise Cansot survenu à Paris en 1949. Dans cet entretien mené par Nicolas Julliard pour l'émission QWERTZ sur RTS Espace 2, l'auteur explique sa démarche consistant à reprendre l'enquête sur le décès de cette jeune femme, modèle prisé des peintres de Montparnasse, retrouvée morte sans chaussures ni effets personnels. L'ouvrage met en lumière les défaillances de l'investigation initiale menée par l'inspecteur-chef Ferrière, qui, faute de pistes concluantes, a dû classer l'affaire seulement six mois après les faits. Philippe Jaenada s'attache à reconstituer les derniers instants de la victime tout en proposant une réflexion sur la condition des jeunes femmes dans la France de l'après-guerre. Le récit souligne le contraste entre la rigueur de sa recherche documentaire et une forme d'autodérision propre à son écriture. Au fil de la discussion, l'auteur précise comment, soixante-quinze ans après les événements, il a pu identifier des suspects parmi les proches de la victime, des figures qui apparaissent aujourd'hui comme des archétypes de l'époque. L'émission permet ainsi de découvrir le travail minutieux de l'auteur, qui transforme un fait divers oublié en une plongée historique dans le Paris de la fin des années quarante. Cette exploration ne se contente pas de chercher un coupable, mais cherche à redonner une épaisseur humaine à celle que l'on appelait simplement l'inconnue du quai de Javel. En croisant les archives policières avec sa propre méthodologie narrative, Philippe Jaenada s'interroge sur les limites de la justice et sur la manière dont les traces d'une vie, même tragiquement interrompue, parviennent à traverser le temps jusqu'à nos jours.